SEFCO

Quelques livres à vous conseiller

                                                            

                                                                L’enfant perdu de Mauvallon 

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L’histoire se déroule dans le pays Gabaye, cette partie du Nord-Gironde, entre Blaye et Libourne, peuplée de Charentais. Plusieurs jeunes femmes ont été assassinées, et la gendarmerie (notamment le lieutenant Saintonge) mène l’enquête. Tueur en séries ? Un seul ou deux meurtriers ? Finalement la découverte du (ou des) coupable(s) n’est pas la chose la plus importante pour l’auteur.
Certes, on suit le déroulement de l’enquête, avec les questions et les doutes du lieutenant Saintonge.  Mais en parallèle on assiste à une autre tragédie, celle d’un gamin maltraité par son père, plusieurs années avant le déroulement de ces meurtres, dans les années 1960. Petit Jean, c’est le nom de l’enfant, est surnommé « Bâtard »  par son père, parce que sa mère est partie avec un autre homme peu de temps après sa naissance. Et le père reporte toute sa haine sur l’enfant, qu’il bat régulièrement, et qu’il serait prêt à tuer si on le laissait faire. Tout le monde connaît la maltraitance, même l’instituteur, mais personne ne dénonce, car « il ne faut pas se mêler des affaires des autres ». Et on lui trouve des excuses au père, car cet enfant fait tellement de bêtises !  Thieu drôle est si chéti ! Seule la nouvelle femme du Monstre, que l’enfant appelle « sa Tante », s’interpose pour faire cesser les coups quand elle sent que la fureur est trop vive. Elle est la seule qui lui apporte un peu de douceur, et l’enfant se blottit contre elle en pleurant et en posant la question : « Mais pourquoi ? ». Elle n’a aucune réponse à lui apporter.
Il en résulte un enfant malheureux, vêtu de hardes, n’ayant jamais de cadeaux, utilisé comme un esclave, qui se lève à six heures du matin pour s’occuper du bétail, avant d’aller à l’école, et qui doit encore s’en occuper en revenant de l’école. Et qui s’attend toujours à être frappé, selon l’humeur de son père. La peur est toujours présente. On se rend compte que l’égalité des chances est une vaste fumisterie. L’enfant n’a pas une bonne scolarité. Les coups laissent des traces au physique mais également au mental. Petit Jean n’aura pas d’enfance, et lorsqu’il sera un homme sa vie sera marquée à jamais par les coups reçus : de victime, il deviendra bourreau.
« L’enfant perdu de Mauvallon » est un très beau roman, très agréable lorsqu’on suit les gendarmes qui mènent leur enquête, notamment le lieutenant Saintonge, un gendarme un peu « fleur bleue », amoureux de son pays gabaye et des jolies filles. Par contre, le style est différent lorsqu’on assiste au calvaire de l’enfant : les descriptions sont tellement réalistes qu’on a envie de tuer ce Monstre. L’auteur, Didier Meyre, est né à Saint-Palais, au cœur du pays Gabaye auquel il est très attaché. Et les dialogues en patois sont très savoureux : c’est, à quelques mots près, notre patois saintongeais.

L’enfant perdu de Mauvallon, Didier Meyre, Le Croît vif, 249 pages, format 13 x 22, prix 16 euros. 

Pierre Péronneau

L’almanach perpétuel des Charentes

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Lorsque j’ai appris la parution d’un nouvel almanach je me suis dit : « Mais quelle mouche a piqué le Croît vif ? Cela fait un almanach de plus, alors qu’il en existe déjà plusieurs dans notre région ! ». 

Mais lorsque j’ai reçu le document, j’ai changé d’avis. Il s’agit d’un almanach perpétuel qui, comme son nom l’indique, peut servir plusieurs années, avec peut-être quelques mises à jour de temps en temps. Et l’on y apprend une foule de renseignements. Comme tout almanach, cet ouvrage comprend une page pour chaque jour de l’année. Et à chaque fois le dicton du jour. Par exemple : « Beau ciel à la Saint Romain, il y aura denrées et bons vins (28 février) » ou encore : « Souvent la Saint-Amédée est de mars la plus belle journée (30 mars) ». Sont également précisés les évènements qui ont marqué le jour en question. Ainsi, le 31 mars est l’anniversaire de la mort d’Aliénor d’Aquitaine (31 mars 1204) ; le 27 avril, la naissance d’Odette Comandon (27 avril 1912) ; le 23 août, le massacre de la Saint Barthélémy (23 août 1572). On y trouve des renseignements sur les hommes et les femmes qui ont marqué nos deux départements charentais. En politique : Émile Combes, Félix Gaillard, François Mitterand, Michel Crépeau etc. En littérature régionale : Goulebenéze, Burgaud des Marets … Également des acteurs (Noël-Noël), des écrivains (Pierre Loti, Georges Simenon) et bien d’autres encore. Mais cet almanach n’est pas uniquement tourné vers le passé. On y découvre également des contemporains. Citons notamment Bernard Giraudeau (acteur et écrivain), Pierre Dumousseau (conteur, auteur de bandes dessinées), les Branle Mijhot (groupe patoisant), Maryse Guédeau (née en Algérie et rétaise d’adoption), Jacques Machefert (auteur avec Charly Grenon d’un DVD sur Goulebenéze), Marie-Dominique Montel (Directrice de l’Académie de Saintonge), la Sefco, Éric Nowak (spécialiste du poitevin et du saintongeais).  A propos d’Éric Nowak, j’ai bien aimé la note d’humeur de François Julien-Labruyère, renvoyant dos à dos les tenants du « Poitevin-saintongeais » et la poignée d’ « intégristes saintongeais » purs et durs. Lorsqu’on a une culture charentaise, il faut savoir faire preuve de tolérance et de tempérance, et ces querelles sans fin qui n’intéressent que ceux qui en parlent font du tort à notre patois. 

Ce n’est pas tout. Dans cet almanach on apprend également des recettes de cuisine, on y découvre des anecdotes, des traditions, des croyances, des façons de vivre typiquement charentaises, des évènements à ne pas rater, des adresses utiles. L’ouvrage est illustré par près de 200 livres parus au Croît vif, prolongeant ainsi 20 ans d’édition charentaise avec en filigrane cette idée simple qu’un jour sans âme est un jour perdu.  Bref, un livre de référence, que tout charentais aimant son pays et sa culture doit avoir dans sa bibliothèque. L’almanach perpétuel des Charentes, de Brigitte Arnaud, éditions du Croît vif, 379 pages, format 21,5 x 27,5, prix 25 euros. 

Pierre Péronneau

Le secret du vieux carrelet. 

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Le dessinateur, c’est Olivier Fouché, un directeur d’école maternelle, un homme plein de talent, au croquis fin et acéré, avec toutes les nuances de couleur pour illustrer cette histoire du bord de mer des environs de Meschers. Le scénariste, c’est Pierre Dumousseau, un ancien professeur d’anglais, membre de l’Académie de Saintonge, un grand biton au chapeau noir, merveilleux conteur et écrivain. 

Ces deux-là s’entendent parfaitement, et leur association ne pouvait déboucher que sur des bandes dessinées de qualité. En fait, les deux complices en sont à leur troisième album, après « La dame blanche de Talmont » et « La vestale du Fâ », et l’on prend toujours autant de plaisir à leur lecture. 

« Le secret du vieux carrelet » peut être lu par toute personne ayant entre douze ans et cent ans (et plus). C’est à la fois une histoire policière et une fable. Il y a un cadavre (crime ou accident ?), un rosier qui pousse sur le sable et qu’il faut arroser à l’eau de mer, un mystère non élucidé, un vieux carrelet, une soupe de poisson, un voyage en Espagne à la recherche d’un disparu. Il y a de la poésie et du sang, de l’amour et de la nostalgie, de l’humour et du sentiment. Tout cela fait une description à la Prévert, me direz-vous, mais mélangez l’ensemble, et grâce au talent de nos deux artistes, vous verrez que l’histoire se tient. Je ne vais quand même pas vous la raconter, il faut ménager le suspense !  Suivez le périple des trois jeunes enquêteurs, dans leur vieille 4L, et laissez-vous guider par cette histoire fabuleuse, je suis certain que vous y prendrez beaucoup de plaisir. 

Pierre Péronneau 

Le secret du vieux carrelet, Pierre Dumousseau et Olivier Fouché, Le Croît vif, 48 pages, format 22,50 x 29,50, prix 14 euros. 

Le cognac de Monsieur Artaud. 

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La triste besogne de Pierre Artaud, dans la maison de cognac où il travaille,  consiste à classer du courrier, tirer des circulaires, bref à effectuer des tâches administratives qui ne lui plaisent pas. Il subit les quolibets du personnel de l’entreprise, il est marié à une femme qu’il n’aime pas, son enfant (une petite fille) souffre d’une maladie chronique, sa vie est triste et il n’aspire qu’à se détacher de ce monde de tâcherons appliqués. 

C’est la guerre de 1940-1945 qui lui fournira l’occasion de s’élever dans la bonne bourgeoise de Cognac, grâce à des combines plus ou moins douteuses. L’ascension est dure, mais il se pique au jeu et devient de plus en plus ambitieux. Réussira-t-il dans son entreprise ? 

J’ai beaucoup aimé ce roman, à l’intrigue simple mais efficace, au style percutant qui vous tient en haleine jusqu’à la dernière page. Les personnages sont ambigus. On aime ou on déteste Pierre, qui cherche à s’élever au risque de détruire sa vie familiale et d’écraser ceux qui se dressent sur son chemin. On plaint ou on méprise Danièle, sa femme, terne et consentante, mais rebelle par la suite, et cette famille à la fois fière et jalouse de la réussite de l’un des siens. 

C’est une description minutieuse du monde des chais de Cognac à cette époque d’avant-guerre et de guerre. Il faut dire que l’auteur, René Tallon (1910-1992), dont c’est l’unique roman (édité en 1982 et réédité par le Croît vif), connaît bien cet environnement, puisqu’il a mené toute sa carrière dans le négoce du cognac, notamment chez Cusenier. C’est pour cette raison que la peinture de cette société est réaliste et que les personnages sont si vraisemblables. 

Certes, les temps ont changé, beaucoup de petites maisons de cognac ont disparu et des groupes multinationaux ont pris la direction des grandes maisons. Fini le paternalisme de l’époque, où le patron se faisait appeler par son prénom précédé de « Monsieur » : Monsieur Henri par exemple, le patron de Pierre à ses débuts. Mais les mentalités ont-elles tellement changé ? La ville de François 1er vit toujours pour et par le cognac. 

Pierre Péronneau 

Le cognac de Monsieur Artaud, René Tallon, Le Croît vif, 265 pages, format 13 x 22, prix 20 euros. 

Daisie

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L’histoire se déroule à Chalais, dans le sud Charente, que Michel Métreau connaît bien puisqu’il y est né et qu’il y vit. Michel Métreau n’est pas un inconnu, il a déjà publié en 2005, au Croît vif, un très beau roman, «  Avenue de la Gare  ».

Le «  héros  » de l’histoire est un jeune homme seul et tourmenté, sans travail, qui vit avec une mère possessive avec laquelle les relations sont souvent tendues. Son univers est étroit, mais bien rangé : c’est la maison, la maman, et la ville de Chalais.

Cet univers est bouleversé par l’arrivée de Daisie, une fille rencontrée au hasard d’un supermarché. Il en tombe follement amoureux, et sa vie bascule. La folie qui était cachée en lui jaillit comme le feu d’un volcan, et le drame éclate lorsqu’il se rend compte que cette fille qu’il idéalise, contre l’avis de sa mère, le méprise. Tous les protagonistes de cette histoire sont des «  perdants  » : l’homme, la fille, la mère possessive, et même les acteurs de seconde zone comme la caissière de supermarché et le videur de boîte de nuit.

Le style de Michel Métreau est vif, imagé, incisif, et l’intérêt du lecteur ne faiblit pas, jusqu’au dénouement. Une très belle écriture, et un très bon roman.

Daisie, de Michel Métreau, éditions Le Croît vif, 124 pages, format 11,5 x 19,5, prix 10 euros.

Le sauvageon

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Henri Texier est historien. Pour le rencontrer, il suffit de se rendre à la Médiathèque de Saintes où, penché sur de vieux journaux, il recueille des informations qui, le plus souvent, déboucheront sur des ouvrages relatifs à l’histoire de la capitale saintongeaise.

Il vient de faire une entorse à ses habitudes, pour écrire un petit roman. Henri Texier est donc devenu romancier. Enfin pas tout à fait, car l’historien est toujours présent dans «  Le sauvageon  ». On peut donc parler de roman historique, mêlant avec bonheur personnages réels et imaginaires.

L’histoire se déroule en grande partie à Saintes sous la Seconde République, et se termine avec le coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte.

En février 1830, une jeune femme dépose dans le «  tourniquet  » de l’hospice de Saintes son bébé qu’elle ne peut pas élever. Il sera donc recueilli par les sœurs, comme beaucoup d’autres enfants à cette époque, puis placé en nourrice et éduqué tant bien que mal. C’est à travers ce garçon, prénommé Gaston, que nous sommes invités à entrer dans l’histoire qui a marqué cette époque.

Gaston a un lourd handicap à surmonter dès le départ, puisqu’il est un enfant abandonné, sans parents et sans fortune. Mais il comprendra très vite que pour s’en sortir il est préférable d’être du côté des plus forts. Ainsi, lors d’un bref séjour à Paris, pendant les «  barricades  » de 1848, il n’hésite pas à tirer sur les insurgés : ce sont de pauvres gens, comme lui, mais cela ne lui pose aucun problème.

De retour à Saintes, il s’assagit et mène une vie d’espion pour le compte de son maître, un notable local, bonapartiste convaincu. Nous suivons donc tous les événements qui, à Saintes et dans les environs, vont conduire à l’arrivée d’un nouvel Empereur.

«  Le sauvageon  » est un roman passionnant et documenté, qui nous plonge dans une histoire qui n’est, finalement, pas très éloignée de nous. J’invite Henri Texier à renouveler l’expérience.

Le sauvageon, d’Henri Texier, éditions Bordessoules, 172 pages, format 12,5 x 20, prix 12 euros.

Le renard et les cagouilles

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Le renard et les cagouilles (ou comment les renards sont devenus roux et les escargots l’emblème des Saintongeais) est un petit ouvrage paru dans la nouvelle collection des Éditions du Croît vif : Le Croît vif junior.

Un jour Dame Cagouille défie Maître Renard à la course. Comment va-t-elle s’y prendre pour duper Renard et le ridiculiser devant tous les animaux ? C’est Pierre Dumousseau qui, avec le talent qu’on lui connaît, a écrit ce très bel ouvrage, et qui nous livre le secret du suspense dans les dernières lignes.

Les illustrations sont de Clarisse Chauvin. Avouant ne pas savoir dessiner (mais elle exagère beaucoup), elle a découpé les animaux et les brins d’herbe dans des bouts de papier qu’elle colle et assemble. Le résultat est étonnant.

Un beau cadeau pour les petits qui commencent à lire.

Le renard et les cagouilles, de Pierre Dumousseau et Clarisse Chauvin aux éditions Le Croît vif junior. Prix : 10 euros.

Le secret des huîtres de la fine princesse Claire

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Il était une fois une princesse dans un royaume aux mille couleurs, près de Marennes. Mais après avoir mangé un champignon, elle tomba malade et s’endormit profondément. Le royaume perdit toutes ses couleurs et les habitants, comme les animaux, devinrent tristes. Puis un jour arriva un marin.

Comment réussira-t-il à réveiller la princesse et à redonner au royaume ses couleurs perdues ?

Olivier Fouché (par ailleurs Directeur de la nouvelle collection Croît vif junior) nous emmène dans le monde féerique des contes de notre enfance, peuplées de princesses, bien loin des mangas japonais. Pour faire rêver les petites filles … et leurs grand’mères.

Le secret des huîtres de la fine princesse Claire d’Olivier Fouché aux éditions Le Croît vif junior. Prix : 10 euros.

A six ans, j’ m’ai sauvé

Yves Haegel, psychomotricien au Centre hospitalier de Saintes, a recueilli les «  mots  » des enfants en thérapie, ceux de leurs parents et même de leurs grands-parents. Il en a tiré une petite pièce de théâtre pleine de tendresse, de drôlerie et de vérité.

Le livre est écrit en français, mais est truffé d’expressions patoises, qui proviennent surtout des grands-parents et qui sont un vrai régal : «  Y a un coub d’années, i nous a fait des otites … O l’a rendu sourd, avoure il entend pu reun ». «  L’écoute reun hein ! L’a in arriéraghe dau langaghe …  »

Les croquis sont signés Maclo, la célèbre acolyte de Sosthène Cagouillard, le détective cher à Christian Robin.

A six ans j’ m’ai sauvé, de Yves Haegel, dessins de Maclo, aux éditions Koikalit. Prix : 10 euros.

Le grand temple de Haute-Saintonge

Ou le mystérieux nombre d’or des dolmens et du donjon de Montguyon

Bernard Bordelais, est un architecte qui exerce à Montguyon. Très impliqué par la sauvegarde du patrimoine, il a créé un « Son et lumière » autour du château de Montguyon, qui a reçu le label « Sites en scène ». Il a également étudié l’assemblage et la situation des monuments mégalithiques du sud de la Haute-Saintonge, et a abouti à un constat : ces monuments sont disposés selon un ordre précis, et trouvent leur correspondance dans le donjon médiéval de Montguyon. Coïncidence ou volonté établie ? Bernard Bordelais a parfois des doutes, ce qui, paradoxalement, le rend crédible. Ses observations, qu’il nous livre dans cet ouvrage, sont le fruit de plusieurs années de recherches. Il en conclut que nos ancêtres, il y a plus de 4 500 ans, savaient observer la position du soleil au moment des solstices, ce qui les amenait à construire des mégalithes selon un ordre précis. Ses conclusions sont troublantes et très argumentées, et débouchent sur des notions pleines de mystère qui font rêver : le nombre d’or, la quadrature du cercle, la quête du Graal, le Temple maçonnique. C’est un livre passionnant, à mettre entre toutes les mains. Mais cette région magique de Haute-Saintonge n’a pas encore livré tous ses secrets. A quand la suite ?  Le grand temple de Haute-Saintonge, de Bernard Bordelais, éditions du Croît vif, 145 pages, format 15,5 x 20, prix 20 euros. 

Pierre Péronneau

                                                                                             Rue du palais 

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« Rue du palais » est un roman écrit à deux mains par Arlette et Philippe Pilet. La rue du Palais est une rue centrale de La Rochelle, où l’on aime se promener autour de ses arcades et de ses commerces. L’histoire se passe pendant la guerre de 40, et décrit les premiers flirts et les premières amours adolescentes de Marc avec Lucette, Christiane, Anita …. On y découvre La Rochelle mais aussi Marans, la forêt de Mervans. On pourrait penser qu’il s’agit d’un roman « fleur bleue », mais il ne faut pas oublier la guerre, et La Rochelle (ou plutôt La Pallice) constitue une cible pour les bombardiers anglais. Il y a les alertes, qui obligent à chercher refuge dans les abris, les restrictions, et la présence des soldats allemands.  On passe donc facilement de l’insouciance à l’angoisse, et l’histoire se termine mal. C’est un roman qui se lit  avec beaucoup de plaisir. Y a-t-il une part autobiographique ? Seuls les auteurs pourraient nous le dire.

 Pierre Péronneau 

Rue du palais, Arlette et Philippe Pilet, Le Croît vif, 138 pages, format 11,5 x 19,5, prix 12 euros

                                                                 Céline, jusqu’au dernier jour. 

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L’histoire se déroule dans un village du sud de la Charente, Villaudouin, à la fin de la guerre de 40. La famille Bajard exploite une ferme : le père, Marcellin, sa femme Mariette, sa fille Céline et le mari de cette dernière, Julien. Les allemands sont là depuis près de quatre années, on ne les aime pas, mais il faut bien s’habituer à leur présence : à l’occasion on leur vend des produits de la ferme, au prix du marché. Quant aux maquisards, les Bajard n’ont pas de relations avec eux, la vigne demande des soins constants, les deux hommes sont indispensables pour faire vivre la propriété. 

Dans la première partie du roman, Jean-Bernard Papi nous raconte la vie de ces villageois. La guerre est en toile de fond, mais les grandes batailles sont loin de Villaudouin. Comme chaque jour, Marcellin et son gendre partent ensemble à leur vigne, après avoir attelé la jument. Les femmes restent à la ferme où il y a également beaucoup de travail. C’est la vie habituelle, décrite avec passion et humour, qui rythme les journées selon un usage institué au sein de la famille. On sent que rien de grave ne peut arriver, ils sont unis et heureux d’être ensemble. C’est alors que tout bascule. Un régiment de SS arrive dans le village et exige des otages, en représailles, car des résistants ont lancé une attaque et ont tué plusieurs soldats. Marcellin et Julien sont arrêtés dans leurs vignes, avec deux de leurs amis, et enfermés dans leur cabane. Le récit de Jean-Bernard Papi devient plus grave, ce n’est plus la vie des grands espaces mais le huis clos angoissant. Il imagine ce que pensent ces paysans, à quelques instants d’être fusillés. Ils savent qu’ils vont mourir, alors qu’ils ont le sentiment d’être innocents : ils étaient là au mauvais endroit au mauvais moment. Curieusement, Marcellin et Julien pensent aux investissements qu’il faudrait réaliser pour moderniser l’exploitation afin de faire du vin de qualité, comme si penser au futur pouvait empêcher le dénouement. Après l’exécution des otages, les allemands partent, laissant les survivants avec leur chagrin. Cette histoire est arrivée dans bien des villages en France, et les assassins furent rarement arrêtés et jugés, les victimes restèrent avec leur peine, essayant de se reconstruire. C’est alors que Céline entre en scène. Elle n’accepte pas que les deux hommes responsables de la mort de son père et de son époux aient échappé à la justice, et les recherche pour les punir afin de trouver le repos et le goût de vivre …  jusqu’au dernier jour. Elle raconte son histoire dans un journal qu’elle remet à son fils, l’enfant de Julien, né après la mort de son père. C’est un roman passionnant, qui nous secoue, qu’on lit d’une traite, et que l’on ne pourra pas oublier.  Pierre Péronneau Céline, jusqu’au dernier jour, Jean-Bernard Papi, Le Croît vif, 215 pages, format 13 x 22, prix 18 euros. 

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2 commentaires »

  1. Jacques Machefert dit :

    Oui, Pierre, cet almanach est un ouvrage de référence. Indispensable !

  2. Papi Jean-Bernard dit :

    Mon cher Pierre, je te l’ai dit mais je te le redis : tu me donne envie de relire mon Céline. merci à toi.

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