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Le Quart d’heure charentais du 3 mars 2010 : la poésie

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Je pensais, en préparant cette réunion autour de la poésie, qu’il y aurait moins de participants que la dernière fois. Il est vrai que Louis Grelard avait fait fort, il avait attiré la foule autour des sourciers. Mais contrairement à mes prévisions, en ce 3 mars 2010 la boutique du 2 ruelle de l’Hospice à Saintes était pleine. Et là je m’adresse à François Julien-Labruyère, le Directeur du Croît vif : « François, il faut que tu fasses quelque chose, il va falloir pousser les murs, sinon il faudra refuser du monde ! »
Ce fut une réunion très enrichissante consacrée à la poésie, en avance sur le printemps des poètes : poésie en français et en patois (j’utilise exprès le mot patois, parce que j’aime ce mot qui représente le langage de nos pères, et qu’il est trop souvent considéré comme péjoratif par certains « intellectuels »). Il y eut bien entendu du Goulebenéze, avec un duo entre Alain Gautreau et la Nine sur le monologue « Conseils d’un père à sa fille », et un grand moment d’émotion lorsqu’ Alain a récité « Bonjour Saintonge », qui a conquis le public. Bravo l’artiste ! Alain a également récité un très beau poème en français de Jean-Claude Lucazeau (car thieu biton ne se contente pas de dessiner ses Saintongeais et de les faire parler en patois, il est aussi poète) et a terminé par « L’histouère dau cheun », un grand classique.
Nous avons également eu droit à plusieurs patoisants de talent, qui nous ont apporté leur concours en récitant des textes de leur propre cru en patois saintongeais. Je citerai Guy Chartier (Jhustine) et son grand parapluie bleu, Paul Bailly (Le Beurdassou de Pironville) et sa tonalité poitevine et Hubert Rouger (Le Jhavasson) nous contant la liqueur divine et son monologue sur les Babouins et la Nine avec des poèmes très bien tournés. Enfin Célestin a apporté sa contribution avec un très beau texte, « L’ombe qui teurpe », que l’on peut écouter sur son blog http://entre16et17.unblog.fr/ et des chansons poétiques chantées par la Nine.
Le public a également participé et a applaudi, ravi du spectacle. Ainsi Pierre Bruneaud, dit Le Chétit, est intervenu dans la langue de ses grands parents cozillons. 
Je l’ai dit à plusieurs reprises, le patois ne supporte pas la vulgarité, il n’est pas fait pour  la « franche rigolade ». Le langage de nos anciens mérite le respect. Certes, écrire des poèmes en patois saintongeais n’est pas une chose facile, il faut du talent et du travail. Ça se mérite, mais la récompense est au bout. Et la récompense, c’est le public qui l’a eue en ce bel après-midi saintongeais.
Un beau succès à l’actif du « Quart d’heure charentais ». 

Note d’humeur 

J’aime ces « Quart d’heure charentais » et je crois qu’avec Paola, la charmante gérante de la boutique du Croît vif, nous avons trouvé le bon tempo pour ces réunions conviviales : 1 heure 15 à 1 heure 30 maximum, avec à la fin des textes en patois, des gâteaux et du jus de fruit. Ce sont des discussions informelles et conviviales, qui correspondent à un besoin, puisque les participants sont ravis, sont benéze, reviennent, et à chaque fois nous en accueillons de nouveaux.
Le « Quart d’heure charentais » participe, à son modeste niveau, à l’enrichissement et à la pérennité de notre culture et de notre patois.
Pour ma part je pense que le patois saintongeais est différent du patois poitevin (même si l’on se comprend) et je n’aime pas la graphie normalisée. Ce sont des goûts simples, peut-être simplistes, et cela ne me gène pas  que d’autres personnes pensent différemment  : le sectarisme et les injures ne sont pas de mise, ne faisant pas partie des valeurs saintongeaises.
Je crois également que notre patois a besoin de vivre loin de ces polémiques délirantes sur internet autour du Poitevin-saintongeais dont le monde sont-ouillé. Il a besoin d’être écrit, lu, écouté et parlé et c’est le public qui est notre juge.
C’est pour cette raison que le « Quart d’heure charentais » a son utilité. Mais il ne faut pas oublier les autres acteurs. Je pense notamment au groupe « Au fil du Briou » qui a donné un formidable spectacle dont j’ai eu l’honneur d’être le parrain (et qui, je l’espère, ne va pas s’arrêter là). Mais également au groupe folklorique Aunis-Saintonge et aux autres groupes de la région, aux troupes de théâtre en patois, aux groupes patoisants …
Et je remercie tous les patoisants qui m’accompagnent, le plus souvent bénévolement, lors de mes conférences sur Goulebenéze.
Ils ne savent pas ce qu’ils perdent, ceux qui se tiennent à l’écart de ces spectacles. Là où est la vérité, c’est sur le terrain, devant le public. 

Voilà, c’était ma petite note d’humeur, j’ai simplement donné mon avis sur toutes ces choses.
Je précise que pour le prochain « Quart d’heure », le 7 avril, c’est François Julien-Labruyère lui-même qui viendra parler de son livre « Cognac Story », qui a obtenu le prix des Mouettes du Conseil Général : le cognac à travers la littérature et le cinéma, face à ses grands rivaux que sont le whisky et la vodka. Venez nombreux, mais je ne peux pas vous assurer qu’il y aura une dégustation de cognac à la fin de la réunion !
Pour ma part, je prépare le calendrier 2010-2011. Et si vous avez des idées de thèmes, je suis preneur. Merci d’avance.
Pierre Péronneau 

Un commentaire »

  1. Lamiraud Joël dit :

    Une fois de plus ce Quart d’heure charentais fût un régal. Alain la vedette du jour nous a déclamé un « Bonjour Saintonge » comme peut être jamais entendu (pas de trou et dieu sait, si c’est long, la bonne intonation, les gestes ad hoc,un vrai pro,..).Madame La Nine nous a fait vibrer avec sa voix pure comme l’éve de la font (humour : voix tellement belle, qu’on pourrait en faire un gâteau de Savoie). Et puis Jhustine et les autres patoisants n’ont pas démérité, bien au contraire. Même Anne Marie la femme du Président s’en est mêlée pour nous faire découvrir ses succulentes galettes charentaises découpées en morsiâs, comme ceux présentés dans une corbeille en osier à la messe autrefois pour les grandes occasions (mariages, communions,…). Certainement une habitude que Anne Marie a prise à l’église locale !
    Vivement le prochain Quart d’heure charentais.

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