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La foire de Rouillac

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Burie le 28 août.
Mes chers parents.
Hier, avec mon grand-père, nous sommes allés à la foire de Rouillac. C’est extraordinaire, il y a des commerçants partout, dans toutes les rues. Cela n’a rien à voir avec la foire à la brocante de la place de Verdun, dans notre bonne ville de Levallois-Perret.
Cette foire a lieu chaque mois, le 27, et cela depuis plus de deux cents ans. Grand-père m’a expliqué qu’autrefois elle était  spécialisée dans la vente des chevaux, mais maintenant les chevaux sont peu nombreux. Il faut dire que Rouillac est un bourg commerçant, situé sur la route qui va de Saint-Jean d’Angély à Angoulême, qui est l’ancienne voie Agrippa. A proximité se trouvent des arènes gallo-romaines, ce qui signifie qu’au début du siècle il existait à cet endroit une agglomération très importante.
Nous sommes partis tôt le matin et nous avons bien fait, car en arrivant à l’entrée de la ville, vers 9 heures, il y avait déjà beaucoup de monde. Il est vrai que la journée était très belle. Nous avons garé la voiture et nous avons commencé par aller voir le marché aux volailles. Il y a des vendeurs avec des cages contenant toutes sortes de volatiles : des poules, des dindons, des pintades, des oies etc. Il y a aussi des lapins, des pigeons, des canards. Et la population qui fréquente ce marché parle un langage qu’il est difficile de comprendre. Mon grand-père m’a expliqué que c’était du patois saintongeais. J’ai entendu un paysan qui discutait avec un vendeur en essayant de marchander, il a fallu que grand-père me traduise :
- Es-tu sûr que tes canets mangheant que dau garouil ? (1) disait-il.
Et le vendeur de répliquer :
- Jhe leû doune dau bié otout. N’en veux-tu ou n’en veux-tu pas de mes canets ? (2)
- Tu les vends 18 euros ? Combin fait-ou en anciens francs ?
Nous avons passé un bon moment à écouter et à regarder, et je dois vous dire qu’au bout d’un certain temps je commençais à comprendre ce que les gens racontaient. Ce matin, en fouillant le grenier, j’ai trouvé des vieux numéros du journal « Le Subiet », c’est un régal. Je vais bientôt parler le Saintongeais, vous vous rendez compte de l’effet que cela fera, quand on se promènera du côté de Neuilly ?
Sur le coup de midi, je commençais à avoir faim, et j’ai demandé à grand-père s’il existait un « Mac Do ». Il m’a regardé avec l’air malheureux et m’a dit :
- Tu ne m’emmèneras jamais dans ce genre d’endroit. Je vais te faire manger de la vraie nourriture de chez nous.
Nous avons traversé la ville, au milieu de tous les stands, et nous sommes arrivés au restaurant. Heureusement que grand-père avait réservé, car il y avait déjà beaucoup de monde. Nous nous sommes installés en terrasse, et nous étions « benèzes », comme disent les gens d’ici. En regardant le menu, j’ai vu qu’il y avait deux entrées, et deux plats principaux, et je m’apprêtais à choisir, mais grand-père m’a dit :
- Tu n’as pas à choisir, tu as droit à tout !
Effectivement, on nous a apporté une entrée de crudités, une entrée de charcuterie, un poisson puis une daube de bœuf, de la salade, du fromage et une glace. Et j’ai bu un verre de vin et du café. Tout cela pour 16 euros !
- Jhe seûx guedé, dit mon grand-père, ce qui signifie qu’il était rassasié. Et moi aussi, je l’avoue.
Puis nous avons continué à visiter la foire. On trouve de tout, des vêtements, des légumes, des chaussures, de la charcuterie, des ustensiles de cuisine, des tondeuses à gazon et même des tracteurs. Grand-mère nous avait donné une liste d’achats : il a fallu trouver une lessiveuse, en remplacement de celle qu’elle utilise pour les conserves et qui est percée, une paire de sabots en caoutchouc, deux douzaines d’huîtres pour le repas du soir, et une toile cirée de trois mètres de long pour la grande table de la cuisine. En passant devant un marchand de chapeaux, grand-père s’est acheté une casquette neuve, car il est vrai que la sienne a fait son temps. Mais, a-t-il dit :
- Celle-là, elle est pour les dimanches !
Puis nous sommes rentrés, fatigués, à Burie. Et lundi prochain, nous irons à la foire de Saintes.
Votre fils bien aimé.
P/p : Pierre Péronneau

(1) Es-tu sûr que tes canards ne mangent que du maïs ?
(2) Je leur donne du blé aussi. En veux-tu ou non, de mes canards ?

 

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